
Note : 80%MASS HYSTERIA. Rarement un groupe n’aura été aussi fidèle à son patronyme, car, assister à un concert de la formation est une expérience unique et, quand à moi, je fais mon maximum pour la renouveler sans cesse.
Si le groupe a construit sa réputation sur ses concerts dantesques, on ne peut en dire autant de ses enregistrements.
Ainsi, si l’excellentissime « Contraddictions », second enregistrement de la formation, a fait connaître les parisiens au plus grand nombre, la traversée du désert qui en suivit (avec le très lourd – mais très bon - « De Cercles en Cercles » et le mauvais- tout du moins raté - « Mass Hysteria ») aurait put avoir raison de LA formation de Néo Electro à la française.
Mais c’était sans compter sur la volonté de Mouss’ et ses potes qui, après avoir frôlés le split, enregistrèrent un monumental « Une Somme de Détails », portés à bouts de bras par un nouveau label. Et, la scène qui faillit avoir raison d’eux assista à leur résurrection.
Donc, après ce tour de force phénoménal, voici que débarque le nouveau fruit de l’hystérie collective, qui est censé prouver que la machine à lives est relancée.
Et pourtant, très franchement, j’était super mitigé a ma première écoute.
A l’image du vieux briscard qui trône sur la jaquette de l’opus – très justement nommé « Failles », mais j’y reviendrais – je voyais la vie en gris pour la Mass. Mais faisons plutôt la part des choses.
Déjà, cet album sera une tuerie en live.
C’est évident, et pas seulement parce que le groupe est une machine de concerts mais bel et bien car les morceaux sont percutants et incisifs (« World On Fire », « Failles », « Comme on danse » ou encore le « furieux » « Clean »). Les riffs sont puissants et les refrains percutants.
Bref du bon Mass, comme on l’aime. On imagine déjà le groupe sur scène à l’écoute des morceaux et surtout la réaction du public.
Autre constatation, les morceaux sont bien plus travaillés qu’a l’accoutumé. Attention, je ne parle pas non plus de Death Technique hein, mais tous les riffs ne sont pas issus du même moule que ceux auxquels la formation nous avait habitués, comme par exemple cet énoooooorme break dans « L’Archipel des Pensées », ou certains passages dans « World On Fire » par exemple. Des airs de bons gros thrash Slayeresques.
Des moments lourds, qui n’ont rien à envier a certains des meilleurs moments de « De cercles En Cercles ».
Mais qu’est-ce qui cloche alors dans cet album de MASS HYSTERIA ?
Et bien déjà, je dirais qu’on sent la différence avec « Contraddictions » ou « Une somme.. » car les morceaux ont l’air d’avoir été pensés avec la tête et pas avec le cœur, ce qui était pourtant incontournable chez les Mass.
Et cela va de même avec les paroles de Mouss’, toutes très intéressantes mais qui n’ont pas forcément l’impact que le groupe arrive à leur insuffler habituellement, sans parler du morceau en anglais qui passe plus ou moins à coté de sa cible (et c’est bien dommage).
Et où est le soleil ? Où est ce sourire qui se dessine sur les lèvres de l’auditeur à l’écoute d’un album de Mass ? C’est la que la jaquette et le nom de l’opus prennent toute leur mesure, puisque le groupe traite souvent de sujets sombres, du moins vu par de moins bon cotés qu’habituellement.
Peut etre que l’époque ne s’y prête pas, que de traiter de la Crise, du chomedu et de la haine ambiante et de plus en plus oppressante devient plus ardu qu’autrefois car les sujets sont d’autant plus brûlants ?
Fort heureusement, le groupe se rattrape sur la quasi-totalité des refrains, ce qui fait qu’après quelques écoutes, tous les morceaux ont rapidement une identité musicale bien à eux et on les différencie très facilement.
Autres changement de taille, dans le mixage. En effet les guitares sont légèrement en retrait par rapport à la batterie (qui est énooorme sur la quasi-totalité de l’opus, par ailleurs) et surtout par rapport aux claviers, bien plus présents qu’auparavant.
Alors finalement, il est si mauvais que ça ce nouveau Mass Hysteria ?
Ben en fait non, il est même plutôt sympa à vrai dire, mais il prend les vieux briscards du groupe –dont je fais parti - complètement à revers, ce qui rend l’opus paradoxalement moins accessible aux –vieux – habitués de la formation.
Mais je pense qu’après quelques écoutes, on comprend plus facilement la démarche du groupe, même si certains morceaux restent plutôt lourds à l’écoute ou un tantinet longuets.
Finalement, ce « Failles » qui met à nu celles de la formation est noir voire sombre tout en restant puissant et incisif.
A ce niveau, il parait même remplacer –en bien mieux, fort heureusement- le « Black album » de la formation.
Par contre, et je n’en démords pas, les morceaux doivent être des pures tueries en concert. Vivement que le groupe passe dans le coin !
01. World on fire
02. Plus qu'aucune mer
03. Failles
04. L'archipel des pensées
05. Clean
06. Dysphoria
07. Le magnétisme des sentiments
08. Aller plus loin
09. Respirer
10. Get high
11. Rien n'être plus
12. Comme on danse
Label : At(h)ome
Année : 2009
Pays : France